Baccalauréat Général
Épreuve de mathématiques Mercredi 11 mai 2022 Sujet de MétropoleExercice 1
7 points
Dans le cadre d'un essai clinique, on envisage deux protocoles de traitement d'une maladie.
L'objectif de cet exercice est d'étudier, pour ces deux protocoles, l'évolution de la quantité de médicament présente dans le sang d'un patient en fonction du temps.
Les parties A et B sont indépendantes.
Partie A : Étude du premier protocole
Le premier protocole consiste à faire absorber un médicament, sous forme de comprimé, au patient.
On modélise la quantité de médicament présente dans le sang du patient, exprimée en mg, par la fonction f définie sur l'intervalle [0;10] par f(t)=3te−0,5t+1,
où t désigne le temps, exprimé en heures, écoulé depuis la prise du comprimé.
On admet que la fonction f est dérivable sur l'intervalle [0;10] et on note f′ sa fonction dérivée.
Montrer que, pour tout nombre réel t de [0;10], on a f′(t)=3(−0,5t+1)e−0,5t+1.
Selon cette modélisation, au bout de combien de temps la quantité de médicament présente dans le sang du patient sera-t-elle maximale ? Quelle est alors cette quantité maximale ?
On admet que l'équation f(t)=5 admet une unique solution sur l'intervalle [2;10], noté β, et qu'une valeur approchée de β à 10−2 près est 3,46.
On considère que ce traitement est efficace lorsque la quantité de médicament présente dans le sang du patient est supérieure ou égale à 5 mg.
Déterminer, à la minute près, la durée d'efficacité du médicament dans le cas de ce protocole.
D'après les questions précédentes, on peut affirmer que le médicament est efficace sur l'intervalle de temps [α;β], soit sur une durée de :
β−α=3,46−1,02=2,44 heures.
Or, 0,44 heure représente 0,44×60=26,4 minutes. Le médicament est donc efficace pendant à peu près 2 heures et 26 minutes.
Partie B : Étude du deuxième protocole
Le deuxième protocole consiste à injecter initialement au patient, par piqûre intraveineuse, une dose de 2 mg de médicament puis à réinjecter toutes les heures une dose de 1,8 mg.
On suppose que le médicament se diffuse instantanément dans le sang et qu'il est ensuite progressivement éliminé.
On estime que lorsqu'une heure s'est écoulée après une injection, la quantité de médicament dans le sang a diminuté de 30 % par rapport à la quantité présente immédiatement après injection.
On modélise cette situation à l'aide d'une suite (un) où, pour tout entier naturel n, un désigne la quantité de médicament, exprimée en mg, présente dans le sang du patient immédiatement après l'injection de la n-ième heure. On a donc u0=2.
Calculer, selon cette modélisation, la quantité u1 de médicament (en mg) présente dans le sang du patient immédiatement après l'injectio de la première heure.
La quantité initiale u0 a diminué de 30 % après la première heure. Elle est alors de u0×0,7, car une diminution de 30 % correspond à un coefficient multiplicateur de 0,7. On injecte ensuite 1,8 mg et on a donc :
u1=0,7×u0+1,8=0,7×2+1,8=3,2 mg.
Après la n-ième injection, la quantité un diminue de 30 % au bout d'une heure. Elle est alors de un×0,7, car une diminution de 30 % correspond à un coefficient multiplicateur de 0,7. On injecte ensuite 1,8 mg et on a donc :
un+1=0,7×un+1,8.
Initialisation
On a u0=2 et u1=3,2, ainsi on a bien : u0≤u1<6.
Hérédité
On suppose que pour un certain entier naturel n, un≤un+1<6 et on cherche à montrer alors que un+1≤un+2<6.
Par hypothèse de récurrence on a :
un
≤
un+1
<
6
ssi
0,7un
≤
0,7un+1
<
0,7×6
car 0,7>0
ssi
0,7un+1,8
≤
0,7un+1+1,8
<
0,42+1,8
ssi
un+1
≤
un+2
<
0,6.
Conclusion
D'après le principe de récurrence, pour tout entier naturel n, on a : un≤un+1<6.
D'après la question précédente on a que la suite (un) est croissante puisque pour tout entier n, un≤un+1, et qu'elle est majorée par 6.
Ainsi, d'après le théorème de convergence monotone la suite (un) converge.
La fonction f définie sur R par f(x)=0,7x+1,8 est continue sur R. De plus, puisque pour tout entier n, un+1=f(un) et que (un) converge vers le réel ℓ, on a, d'après le cours que :
ℓ=f(ℓ).
On résout alors l'équation :
ℓ
=
f(ℓ)
ℓ
=
0,7ℓ+1,8
ℓ−0,7ℓ
=
1,8
0,3ℓ
=
1,8
ℓ
=
0,31,8
ℓ
=
6.
La suite (un) converge donc vers 6, ce qui veut dire qu'après un certain nombre d'heures la quantité de médicament présente dans le sang du patient sera proche de 6 mg.
Avec ce protocole, on arrête les injections lorsque la quantité de médicament présente dans le sang du patient est supérieure ou égale à 5,5 mg.
Déterminer, en détaillant les calculs, le nombre d'injections réalisées en appliquant ce protocole.
À partir de la paramétrisation de D on cherche la valeur de t correspondant à l'abscisse de B. On résout donc l'équation :
1+2t=−1 ssi t=−1.
On remplace alors t par −1 dans les autres égalités de la paramétrisation et on regarde si on obtient les coordonnées de B.
Pour l'ordonnée : 2−(−1)=3=yB.
Pour la cote : 2+2×(−1)=0=zB.
On note P le plan passant par le point A et orthogonal à la droite D, et on appelle H le point d'intersection du plan P et de la droite D. Ainsi, H est le projeté orthogonal de A sur la droite D.
Montrer que la plan P admet pour équation cartésienne : 2x−y+2z−3=0.
La droite D étant orthogonale au plan P, le vecteur directeur u de D est un vecteur normal à P. Une équation cartésienne de P est donc de la forme :
2x−y+2z+d=0,
avec d∈R à déterminer.
Or A appartient au plan, ses coordonnées vérifient donc l'équation :
2xA−yA+2zA+d=0 ssi −2−1+6+d=0 ssi 3+d=0 ssi d=−3.
Une équation cartésienne de P est donc 2x−y+2z−3=0.
Les coordonnées du point H vérifient à la fois l'équation cartésienne de P et la paramétrisation de D. En injectant cette dernière dans l'équation cartésienne on obtient :
2(1+2t)−(2−t)+2(2+2t)−3
=
0
9t+1
=
0
t
=
−91.
Pour obtenir les coordonnées de H il suffit alors que remplacer t par −91 dans la paramétrisation de D.
xH=1−92=97.
yH=2+91=919.
zH=2−92=916.
Les coordonnées du point H sont bien (97;919;916).
Dans cette question, on se propose de retrouver les coordonnées du point H, projeté orthogonal du point A sur la droite D, par une autre méthode.
On rappelle que le point B(−1;3;0) appartient à la droite D et que le vecteur u est un vecteyr directeur de la droite D.
Justifier qu'il existe un nombre réel k tel que HB=ku.
Les points H et B sont sur la droite D, le vecteur HB est donc colinéaire au vecteur directeur u de D.
Ainsi, il existe bien un nombre réel k tel que HB=ku.
On considère un point C appartenant au plan P tel que le volume du tétraèdre ABCH soit égal à 98.
Calculer l'aire du triangle ACH.
On rappelle que le volume d'un tétraèdre est donné par : V=31×B×h où B désigne l'aire d'une base et h la hauteur relative à cette base.
Le triangle ACH est dans le plan P, et puisque (BH) est orthogonale à P alors BH correspond à la hauteur relative à la face ACH du tétraèdre ABCH.
On a alors :
VABCH
=
31AACH×BH
98
=
31AACH×BH
AACH
=
BH3×98
AACH
=
BH38
AACH
=
3BH8.
Or :
BH2
=
(xH−xB)2+(yH−yB)2+(zH−zB)2
=
(97+1)2+(919−3)2+(916)2
=
(916)2+(−98)2+(916)2
=
81256+8164+81256
=
81576.
Ainsi BH=81576=38.
On peut alors conclure :
AACH=3BH8=3×388=1.
Le directeur d'une grande entreprise a proposé à l'ensemble de ses salariés un stage de formation à l'utilisation d'un nouveau logiciel.
Ce stage a été suivi par 25 % des salariés.
Dans cette entreprise, 52 % des salariés sont des femmes, parmi lesquelles 40 % ont suivi le stage.
On interroge au hasard un salarié de l'entreprise et on considère les événements :
F : « le salarié interrogé est une femme »,
S « le salarié interrogé a suivi le stage ».
F et S désignent respectivement les événements contraires des événements F et S.
On note X la variable aléatoire qui à un échantillon de 20 salariés de cette entreprise choisis au hasard associe le nombre de salariés de cet échantillon ayant suivi le stage. On suppose que l'effectif des salariés de l'entreprise est suffisamment important pour assimiler ce choix à un tirage avec remise.
Déterminer, en justifiant, la loi de probabilité suivie par la variable aléatoire X.
Le fait de choisir un salarié et de regarder si il a suivi le stage ou non est une épreuve de Bernoulli de paramètre 0,25. On la répète 20 fois de manière indépendante (car tirage avec remise).
Ainsi, X suit la loi binomiale de paramètres 20 et 0,25.
Le programme ci-dessous, écrit en langage Python, utilise la fonction binomiale(i,n,p) créée pour l'occasion qui renvoie la valeur de la probabilité P(X=i) dans le cas où la variable aléatoire X suit une loi binomiale de paramètres n et p.
xxxxxxxxxx
1
defproba(k):
2
P=0
3
foriinrange(0,k+1):
4
P=P+binomiale(i,20,0.25)
5
returnP
Déterminer, à 10−3 près, la valeur renvoyée par ce programme lorsque l'on saisit proba(5) dans la console Python. Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercie.
La boucle for de l'algorithme permet d'ajouter toute les probabilités P(X=i) pour i alant de 0 jusqu'à k.
Ainsi, l'instruction proba(5) permet de calculer P(X=0)+P(X=1)+⋯+P(X=5) soit P(X≤5).
À la calculatrice on obtient P(X≤5)≈0,617 ce qui correspond à la valeur renvoyée.
Cette question est indépendante des questions 1 et 2.
Pour inciter les salariés à suivre le stage, l'entreprise avait décidé d'augmenter les salaires des salariés ayant suivi le stage de 5 %, contre 2 % d'augmentation pour les salariés n'ayant pas suivi le stage.
Quel est le pourcentage moyen d'augmentation des salaires de cette entreprise dans ces conditions ?
Si on note S la somme de tous les salaires on a que 25 % des salaires de S augmentent de 5 % et 75 % augmentent de 2 %.
La nouvelle masse salariale est donc de :
0,25×S×1,05+0,75×S×1,02=1,0275S.
La masse salariale a donc augmenté de 2,75 % ce qui correspond à l'augmentation moyenne des salaires.
Cet exercice est un questionnaire à choix multiple.
Pour chaque question, une seule des quatre réponses proposées est exacte. Le candidat indiquera sur sa copie le numéro de la question et la réponse choisie. Aucune justification n'est demandée.
Une réponse fausse, une réponse multiple ou l'absence de réponse à une question ne rapporte ni n'enlève de point.
Les six questions sont indépendantes.
La courbe représentative de la fonction f définie sur R par f(x)=x2+1−2x2+3x−1 admet pour asymptote la droite d'équation :
La fonction f est définie sur R, on s'intéresse donc aux asymptotes horizontales. On peut éliminer la réponse a.
On regarde alors les limites en −∞ ou +∞. Puisqu'aucune justification n'est demandée on peut se servir de la calculatrice, soit en traçant la courbe de la fonction f soit en calculant une image pour x très grand.
On a par exemple f(109)≈−2 et la droite d'équation y=−2 semble être asymptote horizontale à la courbe de la fonction f.
C'est donc la réponse c.
En calculant F(0) pour chaque proposition on peut exclure la a et la b car on obtient un résultat différent de 1.
On peut alors dériver F(x) pour les propositions c et d, en notant (ex2)′=2xex2.
On peut voir alors facilement que la bonne réponse est la d.
Pour tout réel x on a e−x2>0 et donc la fonction f, dérivée de ses primitives, est strictement positives sur R. Les primitives de f sont donc toutes croissantes sur R.
C'est la réponse a.
Puisqu'aucune justification n'est demandée on calcule l'image de 1099 par f à la calculatrice et on obtient une valeur proche de 0.
Par ailleurs, on sait déjà par croissance comparée que xln(x) converge vers 0 en +∞, ceci conforte le résultat.
C'est la réponse d.
Nous sommes ici en présence d'une équation classique avec les exponentielles. En posant X=ex l'équation devient :
e2x+ex−12
=
0
(ex)2+ex−12
=
0
X2+X−12
=
0.
On calcule le discriminant Δ de cette dernière équation :
Δ=1−4×(−12)=49.
On a donc deux solutions potentielles :
X1=2−1−7=−4,
et
X2=2−1+7=3.
Or, X=ex, on cherche donc x tel que :
ex=−4, ce qui est impossible car −4<0.
ou
ex=3, ce qui donne x=ln(3).
L'équation possède donc une unique solution. Réponse c.
Remarque : on aurait pu tracer la courbe de la fonction x↦e2x+ex−12 pour avoir une idée mais sans les variations on ne peut être sûr du nombre exact de fois où la courbe coupe l'axe des abscisses.