Terminale ∼ Spécialité mathématique
Suites numériques
1Démonstration par récurrence Pour quels entiers nn la propriété suivante est-elle vraie ? Pn: k=1n(2k1)=n2P_n:\text{ }\sum_{k=1}^n(2k-1)=n^2
Correction
La somme commençant à k=1k=1, la formule n'a de sens qu'à partir de n=1n=1. Regardons donc si
P1P_1
est vraie.
k=11(2k1)\displaystyle{\sum_{k=1}^1(2k-1)}
==
2×112\times 1 - 1
==
11
et
12=11^2=1.
Ainsi P1P_1
est bien vérifiée.


Pour n=2n=2 :
k=12(2k1)\displaystyle{\sum_{k=1}^2(2k-1)}
==
(2×11)(2\times 1 - 1)
++
(2×21)(2\times 2 - 1)
==
44
et
22=42^2=4.
Nous avons donc que P2P_2 est également vérifiée.


On pourrait vérifier encore pour quelques entiers que la propriété est vraie, cependant ceci ne constitue pas
une preuve
. Un calcul direct serait également assez compliqué, surtout avec un sigma. Pour démontrer que cette égalité est vraie pour tout entier n1n\geq1, nous allons découvrir une nouvelle technique.

Nous allons démontrer que cette propriété est vraie pour tout entier n1n\geq1 en appliquant
le principe de récurrence.
Property 1 -- Principe de récurrence
On veut montrer qu'une propriété PnP_n est vraie pour
tout
entier nn0n\geq n_0, avec n0n_0 le premier entier où la propriété est
vérifiée
(généralement n0=0n_0=0 ou n0=1n_0=1).
\circ Initialisation
On vérifie que Pn0P_{n_0} est vraie.

\circ Hérédité
On démontre que
si PnP_n est vraie pour un certain entier nn,
alors
cela implique que
Pn+1P_{n+1} est vraie.

\circ Conclusion
On peut alors conclure que
PnP_n est vraie
pour tout nn0n\geq n_0.
Exemple 1 Avant de démontrer que notre propriété PnP_n est vraie pour tout entier n1n\geq1, essayons de mieux appréhender ce "principe" de récurrence. Pour cela faisons une analogie avec des insectes.
Prenons donc l'exemple d'une rangée d'insectes, alignés du premier insecte au dernier, celui-ci pouvant être infiniment loin, et mettons-les dans un contexte d'épidémie :
Si l'un est malade il transmet la maladie de manière certaine à son voisin de droite, et seulement à celui-ci.
On peut alors se poser la question si ils vont tous être malades ?
La réponse est évidemment oui si le premier insecte l'est. Si c'est le 10ème insecte qui est le premier à tomber malade, tous les suivants le seront, mais pas ceux d'avant.
On peut dire que l'insecte numéro nn transmet la maladie à l'insecte numéro n+1n+1. Ceci est un processus de transmission (d'hérédité), et dès que celui-ci est initialisé (c'est-à-dire) si un insecte numéro n0n_0 est malade, alors tous les suivants le seront également.

Montrons maintenant, par récurrence, que : Pn:k=1n(2k1)=n2\displaystyle{P_n:\sum_{k=1}^n(2k-1)=n^2} est vraie
pour tout n1n\geq1.

\circ Initialisation
Pour n=1n=1 :
k=11(2k1)=2×11=1=12\displaystyle{\sum_{k=1}^1(2k-1)=2\times1-1=1=1^2}, donc P1P_1 est vérifiée.

\circ Hérédité
Considérons un entier naturel nn tel que la proposition PnP_n est vraie,
c'est-à-dire
k=1n(2k1)\displaystyle{\sum_{k=1}^n(2k-1)}
==
n2n^2.

Montrons alors,
en utilisant cette hypothèse
(dite hypothèse de
récurrence),
que Pn+1P_{n+1} est
vraie,
c'est-à-dire que
k=1n+1(2k1)\displaystyle{\sum_{k=1}^{n+1}(2k-1)}
==
(n+1)2(n+1)^2.

k=1n+1(2k1)\displaystyle{\sum_{k=1}^{n+1}(2k-1)}
==
k=1n(2k1)+2(n+1)1\displaystyle{\sum_{k=1}^n(2k-1)+ 2(n+1)-1}
==
n2+2n+1n^2+2n+1
==
(n+1)2 (n+1)^2 \text{ } _\square


Ainsi, nous avons bien que
si PnP_n est vraie
alors
Pn+1P_{n+1} est vraie.

\circ Conclusion
D'après le principe de récurrence
la propriété
Pn:k=1n(2k1)=n2\displaystyle{P_n: \sum_{k=1}^n(2k-1)=n^2}
est vraie
pour tout entier n1n\geq1.
7 1
2Définition d'une suite et représentation graphique Definition 1 -- Suite numérique
Une suite numérique (un)(u_n) est
une fonction
dont la variable est
un entier naturel nn.

un:NRnu(n)=un, pour nn0.\begin{array}{crcl} u_n : & \mathbb{N} & \longrightarrow & \mathbb{R} \\ & n & \longmapsto & u(n)= u_n, \text{ pour }n\geq n_0. \end{array}
un0u_{n_0} est
le premier terme de la suite.

unu_n
est le terme de rang nn,
ou
terme général
de la suite.
Il existe plusieurs procédés pour définir une suite, nous en verrons deux :

\circ
à l'aide d'une fonction.

\circ
par récurrence.
Exemple 2 On considère la suite (vn)(v_n), définie pour tout nNn\in\mathbb{N} par vn=n+2n+1\displaystyle{v_n=n+\frac{2}{n+1}}.
On a que, pour tout nNn\in\mathbb{N}, vn=f(n)v_n=f(n), avec f(x)=x+2x+1\displaystyle{f(x)=x+\frac{2}{x+1}}.
Calculer : v0v_0, v1v_1 et v100v_{100}.
Correction
v0v_0
==
f(0)f(0)
==
0+20+10+\dfrac{2}{0+1}
==
22,
v1v_1
==
f(1)f(1)
==
1+21+11+\dfrac{2}{1+1}
==
22
et
v100v_{100}
==
f(100)f(100)
==
100+2100+1100+\dfrac{2}{100+1}
\simeq
100,02100,02.
4 1
Remark 1 On peut représenter les premiers termes d'une suite à l'aide d'un nuage de points où les abscisses représentent les nombres nn et les ordonnées les nombres unu_n correspondants.
2468101212345678910
Exemple 3 On considère la suite (un)(u_n) définie par :
u0=0,2u_0=0,2 et un=3un1+2un1+4\displaystyle{u_n=\frac{3u_{n-1}+2}{u_{n-1}+4}}.
Ici, pour tout n1n\geq1, un=g(un1)u_n=g(u_{n-1}), avec g(x)=3x+2x+4\displaystyle{g(x)=\frac{3x+2}{x+4}}.
Trouver des valeurs approchées de u1u_1, u2u_2, u3u_3 et u100u_{100}.
Correction
u1 u_1
==
g(u0)g(u_0)
==
g(0,2)g(0,2)
\simeq
0,6190,619 ,
u2 u_2
==
g(u1)g(u_1)
\simeq
g(0,619)g( 0,619 )
\simeq
0,8350,835 ,
u3 u_3
==
g(u2)g(u_2)
\simeq
g(0,835)g( 0,835 )
\simeq
0,9320,932 .


Pour calculer u100u_{100} cela va être un peu long, puisque nous allons devoir connaître u99u_{99}, mais pour celui-ci il va nous falloir u98u_{98}, etc.

On utilise alors l'algorithme suivant :

u ← 0,2

Pour i allant de 1 jusqu'à 100, faire :

     
u ← (3u+2)/(u+4)

fin de boucle Pour

Afficher u

Ce qui donne en langage Python :


Après exécution, on trouve la valeur approchée suivante :
u1001u_{100}\simeq 1.
4 0
Remark 2 Étant donnée une suite (un)(u_n) définie par récurrence à l'aide de la relation un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n), on représente les premiers termes de la suite dans un repère du plan à l'aide la droite d'équation y=xy=x et la courbe représentative de la fonction ff. On notera cette dernière C\mathcal{C}.
On place u0u_0 sur l'axe des abscisses, et puisque u1=f(u0)u_1=f(u_0) (c'est-à-dire que u1u_1 est l'image de u0u_0 par ff), on peut visualiser u1u_1 sur l'axe des ordonnées à l'aide de C\mathcal{C}.
Il n'est cependant pas pratique d'avoir u0u_0 sur l'axe des abscisses et u1u_1 sur l'axe des ordonnées. On utilise donc la droite d'équation
y=xy=x
(la droite où les points ont même abscisse et ordonnée) pour "ramener" u1u_1 sur l'axe des abscisses.
On construit ensuite u2u_2 à partir de u1u_1 de la même façon, et ainsi de suite pour les termes suivants.
0.20.40.60.811.21.41.60.20.40.60.81
n = 0.00
u0
Déplacer le curseur
1 1
3 Rappels de la classe de 1ère Definition 2 -- Suite arithmétique
Une suite numérique (un)(u_n) est arithmétique s'il existe une constante rr, appelée
raison,
telle que :

nN,\forall n\in\mathbb{N},
 un+1=un+r,\text{ }u_{n+1}=u_n+r,
 u0 tant donneˊeˊ.\text{ }u_0\text{ étant donné}.
Remark 3 À retenir :
2 0
Definition 3 -- Suite géométrique

Une suite numérique (un)(u_n) est géométrique s'il existe une constante qq, appelée
raison,
telle que :

nN,\forall n\in\mathbb{N},
 un+1=qun,\text{ }u_{n+1}=qu_n,
 u0 tant donneˊeˊ.\text{ }u_0\text{ étant donné}.
Remark 4 À retenir :
3 0
Definition 4 -- Suite majorée
Une suite numérique (un)(u_n) est
majorée
lorsque
tous
ses termes sont
inférieurs
à une même
constante
MM
appelée
majorant.

Ainsi,
pour tout entier n0n\geq0,
unMu_n\leq M.
Exemple 4 Definition 5 -- Suite minorée
Une suite numérique (un)(u_n) est
minorée
lorsque
tous
ses termes sont
supérieurs
à une même
constante
mm
appelée
minorant.
Ainsi,
pour tout entier n0n\geq0,
unmu_n\geq m.
Definition 6 -- Suite bornée
Une suite numérique (un)(u_n) est
bornée
lorsqu'elle est à la fois
minorée
et
majorée.
Ainsi,
il existe
deux réels
mm et MM,
tels que
pour tout entier n0n\geq0,
munMm\leq u_n\leq M.
Exemple 5 La suite (un)(u_n) définie pour tout nNn\in\mathbb{N} par un=1n2+1u_n=\dfrac{1}{n^2+1} est bornée. En effet,
pour tout entier nn,
01n2+11\displaystyle{0\leq \frac{1}{n^2+1}\leq 1}.
1 2
4Variations d'une suite Definition 7 -- Sens de variation d'une suite
Soit (un)(u_n) une suite numérique.
Remark 5 Lorsqu'on ne connaît pas a priori le sens de variation d'une suite (un)(u_n) il est alors plus pratique d'étudier le signe de
un+1unu_{n+1}-u_n
. En effet :
un+1un0u_{n+1}-u_n\geq0
\Longleftrightarrow
un+1unu_{n+1}\geq u_n
\Longleftrightarrow
(un)(u_n) est croissante.

un+1un0u_{n+1}-u_n\leq0
\Longleftrightarrow
un+1unu_{n+1}\leq u_n
\Longleftrightarrow
(un)(u_n) est décroissante.


Remark 6 Une suite peut-être monotone
à partir d'un certain rang n0n_0.
Exemple 6 On considère à nouveau la suite définie pour tout nn par : vn=n+2n+1v_n=n+\dfrac{2}{n+1}.

Les variations de la fonction ff définie sur R\mathbb{R}\{1}\{-1\} par
f(x)=x+2x+1f(x)=x+\dfrac{2}{x+1},
vont nous permettre de trouver les variations de la suite (vn)(v_n).
La fonction ff est dérivable sur R\mathbb{R}\{1}\{-1\}, et pour tout xx sur son ensemble de définition :
f(x)f'(x)
==
12(x+1)21-\dfrac{2}{(x+1)^2}
==
(x+1)2(x+1)22(x+1)2\dfrac{(x+1)^2}{(x+1)^2}-\dfrac{2}{(x+1)^2}
==
x2+2x+1(x+1)22(x+1)2\dfrac{x^2+2x+1}{(x+1)^2}-\dfrac{2}{(x+1)^2}
==
x2+2x1(x+1)2\dfrac{x^2+2x-1}{(x+1)^2}
==
(x+1+2)(x+12)(x+1)2\dfrac{(x+1+\sqrt{2})(x+1-\sqrt{2})}{(x+1)^2}


La dernière égalité s'obtient à l'aide de la méthode du
discriminant
. On étudie, comme en classe de 1ère le signe de ce polynôme du 2nd degré.

On montre ainsi que f(x)f'(x) est
positif
pour tout
x1x\geq1,
donc la fonction ff est
croissante
sur [1;+[[1;+\infty[.
Pour tout entier n1n\geq1, :
f(n+1)f(n)f(n+1)\geq f(n)
\Rightarrow
un+1unu_{n+1}\geq u_n.

La suite (un)(u_n) est
croissante
à partir du rang 1.
Remark 7 Une petite nuance On considère une suite (un)(u_n), définie par une fonction ff, telle que pour tout entier nn, un=f(n)u_n=f(n). Nous avons alors :
Si ff est
croissante
sur
[0;+[[0;+\infty[,
alors (un)(u_n) est
croissante.

Mais, la proposition : "Si (un)(u_n) est croissante alors ff est croissante sur [0;+[[0;+\infty[" est
fausse.
2468101212345678910
Sur le graphique précédent, nous avons une suite (un)(u_n) (représentée à l'aide des points rouges) définie par la fonction ff dont la représentation graphique est donnée en pointillés.
Nous avons que la suite (un)(u_n) est croissante alors que la fonction ff ne l'est pas.
0 0
5Limite d'une suite 5.1Quelques exemples On considère les trois suites ci-dessous :
\circ un=3+(1)nn2\displaystyle{u_n = 3+\frac{ (-1)^n }{ n^2 } }
\circ vn=n2v_n = n^2
\circ wn=(1)nw_n = (-1)^n

Compléter le tableau ci-dessous :
nn 1 2 3 4 5 6 7 8
unu_n
vnv_n
wnw_n
Correction
nn 1 2 3 4 5 6 7 8
unu_n
2
3,25
2,8889
3,0625
2,96
3,027778
2,9796
3,015625
vnv_n
1
4
9
16
25
36
49
64
wnw_n
-1
1
-1
1
-1
1
-1
1
Remark 8 Nous pouvons décrire le comportement de ces suites en émettant les conjectures suivantes :
\circ (un)(u_n) semble
se rapprocher du nombre 33.

\circ (vn)(v_n) semble ne jamais cesser
de croitre,
et ce de plus en plus vite.

\circ (wn)(w_n) prend
alternativement
deux valeurs.


On peut donc dire que :
\circ (un)(u_n) semble possèder
une valeur limite
33,

\circ (vn)(v_n) semble
"exploser"
vers ++\infty,

\circ (wn)(w_n)
n'a pas de valeur limite
lorsque nn grandit.

De manière, plus synthétique, on pourrait noter :
limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n}
==
33
et
limn+vn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}v_n}
==
++\infty.

Il n'y a aucune écriture pour (wn)(w_n) car cette suite ne possède pas de limite.
0 2
5.2Définitions Definition 8
On dit qu'une suite (un)(u_n)
tend vers \ell
si,
tout intervalle ouvert
contenant \ell
contient
tous les termes de la suite
à partir d'un certain rang.
Remark 9 On note alors :
limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n}
==
\ell.

Sur le graphique ci-dessous, nous pouvons voir qu'à partir d'un certain rang tous les termes de la suite semblent être dans l'intervalle délimitant la zone coloriée aussi petite soit elle.
2468101212345678
A
B
C
D
Déplacer les points A et B, et faire glisser le graphique (shift+souris)
1 0
Remark 10 Les suites non convergentes sont dites
divergentes,
et certaines suites divergent vers
++\infty.
Definition 9 -- Suite divergent vers ++\infty
Une suite (un)(u_n)
diverge
vers
++\infty
si,
tout intervalle ouvert
du type ]A;+[]A;+\infty[
contient tous les termes de la suite
à partir d'un certain rang.
Remark 11 On note alors :
limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n}
==
++\infty.
0 0
5.3Exemples Exemple 7
1 0
Exercice 1 Soit (un)(u_n) la suite définie pour tout entier nn par un=n3+1u_n=n^3+1 et AA un nombre réel.
  1. Déterminer le sens de variation de la suite (un)(u_n).
  2. Écrire un algorithme Python comportant une fonction qui retourne le premier rang à partir duquel tous les termes de la suite sont plus grand que AA.
Correction
  1. La fonction ff définie par f(x)=x3+1f(x)=x^3+1 est
    croissante
    sur
    R\mathbb{R}.
    En effet sa dérivée qui vaut
    f(x)f'(x)
    ==
    3x23x^2
    est positive
    sur R\mathbb{R}.

0 1
5.4Opération sur les limites Limite d'une somme
limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} u_n} \ell \ell \ell ++\infty -\infty ++\infty
limn+vn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} v_n} \ell' ++\infty -\infty ++\infty -\infty -\infty
limn+un+vn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} u_n+v_n}
+ \ell +\ell'
++\infty
-\infty
++\infty
-\infty
f.i
0 0
Remark 12 "f.i" signifie
forme indéterminée
et qu'il faut fournir des efforts supplémentaires pour donner la limite. En effet lorsqu'une suite (un)(u_n) diverge vers ++\infty et une suite (vn)(v_n) vers -\infty, on ne peut connaître sans calculs préliminaires la limite de (un+vn)(u_n+v_n).

Voici plusieurs situations :
Nous voyons donc bien que la suite (un+vn)(u_n+v_n) peut avoir n'importe quelle limite sous ses hypothèses. Il sera donc nécessaire de déterminer la limite dans cette situation après quelques calculs.
1 0


Limite d'un produit
limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} u_n} \ell l0l\neq0 \infty 00
limn+vn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} v_n} \ell' \infty \infty \infty
limnun×vn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow\infty} u_n\times v_n}
× \ell \times \ell'
\infty
\infty
f.i
Remark 13 Pour le cas où limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} u_n=\infty} et limn+vn=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}v_n = \infty}, on ne précise pas dans ce tableau si ce sont des ++ ou - l'infinie. La limite du produit divergera vers \infty en appliquant
la règle des signes.

On utilise cette règle dans l'exemple suivant :
0 0
Remark 14 limn+(3n2)(4n3n+1)=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}(3-n^2)(-4n^3-n+1)=}
++\infty.

En effet, limn+3n2=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}3-n^2=}
-\infty
et limn+4n3n+1=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}-4n^3-n+1=}
-\infty.

On obtient le résultat en appliquant la règle sur
les produits
de limites précédente.
0 0


Limite d'un quotient
limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} u_n} \ell \ell \infty \infty
limn+vn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} v_n} 0\ell'\neq 0 \infty \ell' \infty
limn+unvn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty} \frac{u_n}{v_n}}
\displaystyle{\frac{\ell}{\ell'}}
00
\infty
f.i
1 0
Exemple 8 On cherche à déterminer :limn+53+n\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}\frac{5}{3+\sqrt{n}}}.
On a: limn+3+n=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}3+\sqrt{n}=}
++\infty
et donc d'après la règle sur les
quotients
de limites on obtient : limn+53+n=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}\frac{5}{3+\sqrt{n}}=}
00.
1 0
5.5Limites et comparaisons Property 2 ROC
Soient (un)(u_n) et (vn)(v_n) deux suites telles que à partir d'un certain rang :

unvn.u_n\leq v_n.
Si limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n=}
++\infty
alors limn+vn=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}v_n=}
++\infty.
Preuve
On considère un intervalle ouvert de la forme
]A;+[]A;+\infty[.

On cherche à démontrer qu'à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite (vn)(v_n)
sont dans cet intervalle
.
C'est-à-dire,
que l'on veut montrer
qu'à partir d'un certain rang
vn>Av_n>A.

Puisque (un)(u_n) diverge vers
++\infty,
on sait,
qu'à partir d'un certain rang,
un>A.u_n>A.

Or,
par hypothèse,
vn>unv_n>u_n.

Ainsi,
à partir d'un certain rang,
vn>Av_n>A.
1 1
Property 3 -- Encadrement des limites
Soient (un)(u_n), (vn)(v_n) et (wn)(w_n) trois suites telles que à partir d'un certain rang :

unvnwn.u_n\leq v_n\leq w_n.
Si limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n}
==
limn+wn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}w_n}
==
\ell
alors
limn+vn=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}v_n=}
\ell.
w0
w1
w2
w3
w4
w5
w6
w7
u0
u1
u2
u3
u4
u5
u6
u7
v0
v1
v2
v3
v4
v5
v6
v7
Remark 15 Dans le graphique précédent nous pouvons observer deux suites encadrer une troisième. Et puisque les deux premières convergent vers \ell, la suite comprise entre les deux se trouve coincée et doit, elle aussi, converger vers \ell.
Cette propriété est également connue sous le nom imagé de "théorème des gendarmes", ou plus prosaïquement théorème d'encadrement des limites. Exemple 9 Déterminons la limite de la suite (un)(u_n), définie pour nNn\in\mathbb{N}^* par un=(1)nn\displaystyle{u_n=\frac{(-1)^n}{n}}.
Pour tout entier n1n\geq1 :
1-1
\leq
(1)n(-1)^n
\leq
11
\Longleftrightarrow
1n\dfrac{-1}{n}
\leq
(1)nn\dfrac{(-1)^n}{n}
\leq
1n.\dfrac{1}{n}.
Or, on sait que limn+1n\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}\dfrac{-1}{n}} ==
00,
et limn+1n=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}\dfrac{1}{n}=}
0.0.

Ainsi, d'après le théorème
d'encadrement des limites :
limn+(1)nn\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}\frac{(-1)^n}{n}}
==
0.0.
1 0
5.6Comportement des suites arithmétiques et géométriques Property 4 -- Comportement des suites arithmétiques
Soit (un)(u_n) une suite arithmétique de raison rr :
\circ si
r>0r>0
alors (un)(u_n) est
strictement croissante
et limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n =}
++\infty.

\circ si
r<0r<0
alors (un)(u_n) est
strictement décroissante
et limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n =}
-\infty.

\circ si
r=0r=0
alors (un)(u_n) est
constante
et limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n =}
u0u_0.
Preuve
On sait que : un+1u_{n+1}
==
un+ru_n+r,
donc
un+1unu_{n+1}-u_n
==
rr
est du signe de rr.

Par ailleurs, unu_n ==
u0+n×ru_0+n\times r.

Ainsi, si r>0r>0 limn+n×r\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}n\times r} ==
++\infty,
et, si r<0r<0 limn+n×r=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}n\times r}=
-\infty.
0 0
Property 5 -- Comportement des suites géométriques de raison q>1q>1 ROC
Soit (un)(u_n) une suite géométrique de raison
q>1q>1 :

\circ si
u0>0u_0>0
alors (un)(u_n) est
strictement croissante
et limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n =}
++\infty.

\circ si
u0<0u_0<0
alors (un)(u_n) est
strictement décroissante
et limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n =}
-\infty.

Pour démontrer cette propriété nous aurons besoin du résultat suivant appelé inégalité de Bernoulli :

Property 6 -- Lemme -- Inégalité de Bernoulli ROC
Soit aa un nombre réel
strictement positif
. Alors pour tout entier nn :

(1+a)n1+na.(1+a)^n\geq 1+na.
a = 0.20
1
2
3
4
5
6
7
8
9
5
10
15
Preuve du lemme
Procédons par récurrence sur nn.

Initialisation
Pour n=0n=0 :
(1+a)n(1+a)^n
==
(1+a)0(1+a)^0
==
11
et
1+na1+na
==
1+0×a1+0\times a
==
11.

La propriété est bien initialisée à n=0n=0.


Hérédité
Supposons que pour
un
certain entier nn,


(1+a)n1+na,(1+a)^n\geq 1+na,

et montrons alors que :


(1+a)n+11+(n+1)a.(1+a)^{ n+1}\geq1+(n+1)a.

On a :

(1+a)n+1(1+a)^{n+1}
==
(1+a)×(1+a)n(1+a)\times(1+a)^n
\geq
(1+a)(1+na)(1+a)(1+na)
\geq
1+na+a+na21+na+a+na^2
\geq
1+(n+1)a+na21+(n+1)a +na^2
\geq
1+(n+1)a1+(n+1)a.


Le passage de la première à la deuxième ligne se fait en utilisant
l'hypothèse de récurrence
. Le passage de l'avant-dernière à la dernière se justifie par le fait qu'un nombre à qui l'on retire une quantité positive (ici na2na^2) devient
plus petit.


Conclusion
D'après le principe de récurrence,
nous avons démontré que :
aR+, nN, (1+a)n1+na.\forall a\in\mathbb{R}^*_+, \text{ }\forall n\in\mathbb{N},\text{ }(1+a)^n\geq1+na.


Preuve de la propriété sur les suites géométriques de raison q>1q>1
On note (un)(u_n) une telle suite, et nous avons :
un+1u_{n+1}
==
qun.qu_n.

Ainsi, la raison étant en particulier positive, tous les termes de la suite seront
de même signe.

Et puisque
q>1q>1,
un+1u_{n+1} >> unu_n,
si u0>0u_0>0,
ou encore
un+1<unu_{n+1}< u_n,
si u0<0u_0<0.

La suite (un)(u_n) est bien
croissante si u0>0u_0>0,
et
décroissante si u0<0u_0<0.


Pour déterminer la limite de (un)(u_n), il nous suffit de faire la remarque suivante :
puisque q>1q>1,
il existe un réel a>0a>0
tel que
q=1+aq= 1+a.

Or, pour tout entier nn, unu_n
==
u0×qnu_0\times q^n
. C'est-à-dire :
unu_n
==
u0(1+a)n.u_0(1+a)^n.
Si u0>0u_0>0,
alors d'après le lemme :
un>u0(1+na),u_n> u_0(1+na),
et si u0<0u_0<0, alors :
un<u0(1+na).u_n < u_0(1+na).

On a,
a>0a>0,
donc limn+1+na\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}1+na} ==
++\infty.

Ainsi, par comparaison de limites :

Si u0>0u_0>0,
limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n=}
++\infty.

Si
u0<0u_0<0
, limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n=}
-\infty.
1 0


Property 7 -- Comportement des suites géométriques de raison q]0;1[q\in]0;1[
Soit (un)(u_n) une suite géométrique de raison
q]0;1[q\in]0;1[ :

\circ
si
u0>0u_0>0
alors
(un)(u_n) est
strictement décroissante
et
limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n =}
00.

\circ
si u0<0u_0<0
alors
(un)(u_n) est
strictement croissante
et
limn+un=\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n =}
00.
Exemple 10
0 0
Remark 16 On peut synthétiser les résultats précédents dans les tableaux ci-dessous :
q1q\leq -1 1<q<1-1 < q < 1 q=1q = 1 q>1q > 1
limn+qn\displaystyle{ \lim_{n\rightarrow+\infty}q^n }
00
11
++\infty
q<0q <0 0q<10 \leq q < 1 q>1q > 1
sens de variation de (qn)(q^n)
non monotone
décroissante
croissante
q1q\leq -1 1<q<1-1 < q < 1 q=1q = 1 q>1q > 1 et u0>0u_0 > 0 q>1q > 1 et u0<0u_0 < 0
limn+u0qn\displaystyle{ \lim_{n\rightarrow+\infty}u_0q^n }
00
u0u_0
++\infty
-\infty
q<0q <0 0q<10 \leq q < 1 et u0>0u_0 > 0 0q<10 \leq q < 1 et u0<0u_0 < 0 q>1q > 1 et u0>0u_0 > 0 q>1q > 1 et u0<0u_0 < 0
sens de variation de (u0qn)(u_0q^n)
non monotone
décroissante
croissante
croissante
décroissante
1 0
5.7Convergence et monotonie Property 8 -- Suite croissante non majorée ROC
Tout suite croissante non majorée
diverge vers ++\infty.
Property 9 -- Suite décroissante non minorée
Tout suite décroissante non minorée
diverge vers -\infty.
Preuve de la propriété 8
Soit (un)(u_n) une suite croissante, non majorée
et
A>0A>0.
Comme (un)(u_n) n'est pas majorée,
il existe un entier n0n_0
tel que :
un0>Au_{n_0}>A.

Or la suite (un)(u_n) est croissante,
donc :
pour tout nn0n\geq n_0,
unun0Au_n\geq u_{n_0}\geq A.

Ainsi,
quelque soit le nombre AA,
l'intervalle [A;+[[A;+\infty[
contient,
à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite (un)(u_n).

Ceci prouve que :
limn+un\displaystyle{\lim_{n\rightarrow+\infty}u_n}
==
++\infty.

Preuve de la propriété 9
Soit (un)(u_n) une suite décroissante non minorée.
On pose, pour tout nn,
vn=unv_n=-u_n.
On conclut en remarquant que
(vn)(v_n) vérifie la propriété 8.
0 1


Property 10 -- Convergence monotone
Tout suite croissante majorée
est
convergente.
Property 11 -- Convergence monotone
Tout suite décroissante minorée
est
convergente.
Preuve de la propriété 10
Soit (un)(u_n) une suite croissante majorée.

Toute suite majorée,
possède une infinité de majorants,
nous admettrons ici,
qu'il en existe un plus petit.
On le note MM.

On veut démontrer que (un)(u_n) converge vers
MM.

Soit ϵ>0\epsilon>0,
on cherche à montrer que l'intervalle ouvert
]Mϵ;M+ϵ[]M-\epsilon;M+\epsilon[
contient,
à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite.

MM est le plus petit majorant,
donc
MϵM-\epsilon
n'est pas un majorant.

Ainsi,
il existe n0n_0 tel que
un0>Mϵu_{n_0} > M - \epsilon,
et puisque la suite est croissante :

nn0\forall n\geq n_0,
Mϵ<unM - \epsilon < u_n.

Or, par définition de MM,
un u_n
<<
MM
<<
M+ϵM + \epsilon .

Par conséquent :

nn0 \forall n\geq n_0,
Mϵ<un<M+ϵM-\epsilon < u_n < M + \epsilon.
1 2


Property 12 -- Suite croissante et convergente
Toute suite
croissante
(un)(u_n) convergeant
vers un réel \ell
vérifie :
pour tout entier n, un.\text{pour tout entier }n, \text{ } u_n\leq \ell.
Preuve
Nous allons raisonner par
l'absurde,
en supposant le
contraire
de ce que nous voulons démontrer, et en arrivant ensuite à
une contradiction.

On veut montrer que pour tout nn,
unu_n\leq \ell.

Supposons alors qu'il existe un entier n0n_0 tel que :
un0>.u_{n_0}>\ell.

Puisque (un)(u_n) est croissante,
alors
pour tout nn0n\geq n_0,
unun0u_n\geq u_{n_0}
 (*)\text{ (*)}.

On pose
ϵ=un0\epsilon=u_{n_0}-\ell
et on remarque que
ϵ>0\epsilon>0.

(un)(u_n) converge vers \ell,
donc à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite sont
dans l'intervalle
]ϵ;+ϵ[]\ell-\epsilon;\ell+\epsilon[.

En particulier, à partir d'un certain rang :
unu_n
<<
+ϵ\ell+\epsilon
unu_n
<<
+un0\ell +u_{n_0}-\ell
unu_n
<<
un0u_{n_0}.
Cette dernière inégalité étant en
contradiction avec ()(*).


Ainsi, le fait d'avoir supposé qu'il existe un entier n0n_0 tel que
un0>u_{n_0}>\ell,
nous a amené à une contradiction.

La proposition contraire est donc vraie,
à savoir que
tous les termes de la suite (un)(u_n)
sont inférieurs à \ell.
2 0