Terminale ∼ Spécialité mathématique Suites numériques
1Démonstration par récurrence
Pour quels entiers n la propriété suivante est-elle vraie ?
Pn:k=1∑n(2k−1)=n2
La somme commençant à k=1, la formule n'a de sens qu'à partir de n=1. Regardons donc si
P1
est vraie.
k=1∑1(2k−1)
=
2×1−1
=
1
et
12=1.
Ainsi P1
est bien vérifiée.
Pour n=2 :
k=1∑2(2k−1)
=
(2×1−1)
+
(2×2−1)
=
4
et
22=4.
Nous avons donc que P2 est également vérifiée.
On pourrait vérifier encore pour quelques entiers que la propriété est vraie, cependant ceci ne constitue pas
une preuve
. Un calcul direct serait également assez compliqué, surtout avec un sigma.
Pour démontrer que cette égalité est vraie pour tout entier n≥1, nous allons découvrir une nouvelle technique.
Nous allons démontrer que cette propriété est vraie pour tout entier n≥1 en appliquant
Property 1 -- Principe de récurrence
On veut montrer qu'une propriété Pn est vraie pour
tout
entier n≥n0, avec n0 le premier entier où la propriété est
vérifiée
(généralement n0=0 ou n0=1).
∘
Initialisation
On vérifie que Pn0 est vraie.
∘
Hérédité
On démontre que
si Pn est vraie pour un certain entier n,
alors
cela implique que
Pn+1 est vraie.
∘
Conclusion
On peut alors conclure que
Pn est vraie
pour tout n≥n0.
Exemple 1
Avant de démontrer que notre propriété Pn est vraie pour tout entier n≥1, essayons de mieux appréhender ce "principe" de récurrence. Pour cela faisons une analogie avec des insectes.
Prenons donc l'exemple d'une rangée d'insectes, alignés du premier insecte au dernier, celui-ci pouvant être infiniment loin, et mettons-les dans un contexte d'épidémie :
Si l'un est malade il transmet la maladie de manière certaine à son voisin de droite, et seulement à celui-ci.
On peut alors se poser la question si ils vont tous être malades ?
La réponse est évidemment oui si le premier insecte l'est. Si c'est le 10ème insecte qui est le premier à tomber malade, tous les suivants le seront, mais pas ceux d'avant.
On peut dire que l'insecte numéro n transmet la maladie à l'insecte numéro n+1. Ceci est un processus de transmission (d'hérédité), et dès que celui-ci est initialisé (c'est-à-dire) si un insecte numéro n0
est malade, alors tous les suivants le seront également.
Montrons maintenant, par récurrence, que : Pn:k=1∑n(2k−1)=n2 est vraie
pour tout n≥1.
∘
Initialisation
Pour n=1 :
k=1∑1(2k−1)=2×1−1=1=12, donc P1 est vérifiée.
∘
Hérédité
Considérons un entier naturel n tel que la proposition Pn est vraie,
c'est-à-dire
k=1∑n(2k−1)
=
n2.
Montrons alors,
en utilisant cette hypothèse
(dite hypothèse de
récurrence),
que Pn+1 est
vraie,
c'est-à-dire que
k=1∑n+1(2k−1)
=
(n+1)2.
k=1∑n+1(2k−1)
=
k=1∑n(2k−1)+2(n+1)−1
=
n2+2n+1
=
(n+1)2□
Ainsi, nous avons bien que
si Pn est vraie
alors
Pn+1 est vraie.
∘
Conclusion
D'après le principe de récurrence
la propriété
Pn:k=1∑n(2k−1)=n2
est vraie
pour tout entier n≥1.
7 1
2Définition d'une suite et représentation graphiqueDefinition 1 -- Suite numérique
Une suite numérique (un) est
une fonction
dont la variable est
un entier naturel n.
un:Nn⟶⟼Ru(n)=un, pour n≥n0. un0 est
le premier terme de la suite.
un
est le terme de rang n,
ou
terme général
de la suite.
Il existe plusieurs procédés pour définir une suite, nous en verrons deux :
∘
à l'aide d'une fonction.
∘
par récurrence.
Exemple 2
On considère la suite (vn), définie pour tout n∈N par vn=n+n+12.
On a que, pour tout n∈N, vn=f(n), avec
f(x)=x+x+12.
Calculer : v0, v1 et v100.
Remark 1
On peut représenter les premiers termes d'une suite à l'aide d'un nuage de points où les abscisses représentent les nombres n et les ordonnées les nombres un correspondants.
0,0
Exemple 3
On considère la suite (un) définie par :
u0=0,2 et un=un−1+43un−1+2.
Ici, pour tout n≥1, un=g(un−1), avec g(x)=x+43x+2.
Trouver des valeurs approchées de u1, u2, u3 et u100.
Remark 2
Étant donnée une suite (un) définie par récurrence à l'aide de la relation un+1=f(un), on représente les premiers termes de la suite dans un repère du plan à l'aide la droite d'équation y=x et la courbe représentative de la fonction f. On notera cette dernière C.
On place u0 sur l'axe des abscisses, et puisque u1=f(u0) (c'est-à-dire que u1 est l'image de u0 par f), on peut visualiser u1 sur l'axe des ordonnées à l'aide de C.
Il n'est cependant pas pratique d'avoir u0 sur l'axe des abscisses et u1 sur l'axe des ordonnées. On utilise donc la droite d'équation
y=x
(la droite où les points ont même abscisse et ordonnée) pour "ramener" u1 sur l'axe des abscisses.
On construit ensuite u2 à partir de u1 de la même façon, et ainsi de suite pour les termes suivants.
0,0
n = 0.00
A
u0
Déplacer le curseur
1 1
3
Rappels de la classe de 1èreDefinition 2 -- Suite arithmétique
Une suite numérique (un) est arithmétique s'il existe une constante r, appelée
raison,
telle que :
∀n∈N,
un+1=un+r,
u0eˊtant donneˊ.
Remark 3
À retenir :
pour tout entier n,
un+1=un+r,
pour tout entier n,
un=u0+nr,
pour tout entiers n et m,
un=um+(n−m)r,
pour tout entier n,
k=0∑nuk
=
u0+u1+⋯+un
=
2(u0+un)(n+1).
2 0
Definition 3
-- Suite géométrique
Une suite numérique (un) est géométrique s'il existe une constante q, appelée
raison,
telle que :
∀n∈N,
un+1=qun,
u0eˊtant donneˊ.
Remark 4
À retenir :
pour tout entier n,
un+1=qun,
pour tout entier n,
un=u0qn,
pour tout entiers n et
m, un=umqn−m,
pour tout entier n,
k=0∑nuk
=
u0+u1+⋯+un
=
u01−q1−qn+1.
3 0
Definition 4 -- Suite majorée
Une suite numérique (un) est
majorée
lorsque
tous
ses termes sont
inférieurs
à une même
constante
M
appelée
majorant.
Ainsi,
pour tout entier n≥0,
un≤M.
Exemple 4
La suite (un)=1−n est majorée par
M=13.
La suite (vn) définie pour tout n par vn=n+1,
n'est pas majorée.
Definition 5 -- Suite minorée
Une suite numérique (un) est
minorée
lorsque
tous
ses termes sont
supérieurs
à une même
constante
m
appelée
minorant.
Ainsi,
pour tout entier n≥0,
un≥m.
Definition 6
-- Suite bornée
Une suite numérique (un) est
bornée
lorsqu'elle est à la fois
minorée
et
majorée.
Ainsi,
il existe
deux réels
m et M,
tels que
pour tout entier n≥0,
m≤un≤M.
Exemple 5
La suite (un) définie pour tout n∈N par un=n2+11 est bornée. En effet,
pour tout entier n,
0≤n2+11≤1.
1 2
4Variations d'une suiteDefinition 7 -- Sens de variation d'une suite
Soit (un) une suite numérique.
La suite (un) est
croissante,
si pour tout entier n,
un+1≥un.
La suite (un) est
décroissante,
si pour tout entier n,
un+1≤un.
La suite (un) est
stationnaire,
si il existe
c∈R
tel que pour tout entier n,
un=c.
Remark 5
Lorsqu'on ne connaît pas a priori le sens de variation d'une suite (un) il est alors plus pratique d'étudier le signe de
un+1−un
. En effet :
un+1−un≥0
⟺
un+1≥un
⟺
(un) est croissante.
un+1−un≤0
⟺
un+1≤un
⟺
(un) est décroissante.
Remark 6
Une suite peut-être monotone
à partir d'un certain rang n0.
Exemple 6
On considère à nouveau la suite définie pour tout n par : vn=n+n+12.
Les variations de la fonction f définie sur R\{−1} par
f(x)=x+x+12,
vont nous permettre de trouver les variations de la suite (vn).
La fonction f est dérivable sur R\{−1}, et pour tout x sur son ensemble de définition :
f′(x)
=
1−(x+1)22
=
(x+1)2(x+1)2−(x+1)22
=
(x+1)2x2+2x+1−(x+1)22
=
(x+1)2x2+2x−1
=
(x+1)2(x+1+2)(x+1−2)
La dernière égalité s'obtient à l'aide de la méthode du
discriminant
. On étudie, comme en classe de 1ère le signe de ce polynôme du 2nd degré.
On montre ainsi que f′(x) est
positif
pour tout
x≥1,
donc la fonction f est
croissante
sur [1;+∞[.
Pour tout entier n≥1, :
f(n+1)≥f(n)
⇒
un+1≥un.
La suite (un) est
croissante
à partir du rang 1.
Remark 7 Une petite nuance
On considère une suite (un), définie par une fonction f, telle que pour tout entier n, un=f(n).
Nous avons alors :
Si f est
croissante
sur
[0;+∞[,
alors (un) est
croissante.
Mais, la proposition :
"Si (un) est croissante alors f est croissante sur [0;+∞[" est
fausse.
0,0
Sur le graphique précédent, nous avons une suite (un) (représentée à l'aide des points rouges) définie par la fonction f dont la représentation graphique est donnée en pointillés.
Nous avons que la suite (un) est croissante alors que la fonction f ne l'est pas.
0 0
5Limite d'une suite5.1Quelques exemples
On considère les trois suites ci-dessous :
∘un=3+n2(−1)n ∘vn=n2 ∘wn=(−1)n
Remark 8
Nous pouvons décrire le comportement de ces suites en émettant les conjectures suivantes :
∘(un) semble
se rapprocher du nombre 3.
∘(vn) semble ne jamais cesser
de croitre,
et ce de plus en plus vite.
∘(wn) prend
alternativement
deux valeurs.
On peut donc dire que :
∘(un) semble possèder
une valeur limite
3,
∘(vn) semble
"exploser"
vers +∞,
∘(wn)
n'a pas de valeur limite
lorsque n grandit.
De manière, plus synthétique, on pourrait noter :
n→+∞limun
=
3
et
n→+∞limvn
=
+∞.
Il n'y a aucune écriture pour (wn) car cette suite ne possède pas de limite.
0 2
5.2DéfinitionsDefinition 8
On dit qu'une suite (un)
tend vers ℓ
si,
tout intervalle ouvert
contenant ℓ
contient
tous les termes de la suite
à partir d'un certain rang.
Remark 9
On note alors :
n→+∞limun
=
ℓ.
Sur le graphique ci-dessous, nous pouvons voir qu'à partir d'un certain rang tous les termes de la suite semblent être dans l'intervalle délimitant la zone coloriée aussi petite soit elle.
0,0
A
B
C
D
Déplacer les points A et B, et faire glisser le graphique (shift+souris)
1 0
Remark 10
Les suites non convergentes sont dites
divergentes,
et certaines suites divergent vers
+∞.
Definition 9 -- Suite divergent vers +∞
Une suite (un)
diverge
vers
+∞
si,
tout intervalle ouvert
du type ]A;+∞[
contient tous les termes de la suite
à partir d'un certain rang.
Remark 11
On note alors :
n→+∞limun
=
+∞.
0 0
5.3ExemplesExemple 7
n→+∞limn2=
+∞
n→+∞limn=
+∞
n→+∞limn1=
0
1 0
Exercice 1
Soit (un) la suite définie pour tout entier n par un=n3+1 et A un nombre réel.
Déterminer le sens de variation de la suite (un).
Écrire un algorithme Python comportant une fonction qui retourne le premier rang à partir duquel tous les termes de la suite sont plus grand que A.
et qu'il faut fournir des efforts supplémentaires pour donner la limite. En effet lorsqu'une suite (un) diverge vers +∞ et une suite (vn) vers −∞, on ne peut connaître sans calculs préliminaires la limite de (un+vn).
Voici plusieurs situations :
Pour tout entier n, on pose un=n2+1 et vn=−n2. On a bien :
n→+∞limun=
+∞
et n→+∞limvn=
−∞.
Par ailleurs : n→+∞limun+vn=
1.
Pour tout entier n, on pose un=n2+n et vn=−n2. On a bien :
n→+∞limun=
+∞
et n→+∞limvn=
−∞.
Dans ce cas : n→+∞limun+vn
=
n→+∞limn
=
+∞.
Pour tout entier n, on pose un=n2 et vn=−n2−n. On a bien :
n→+∞limun=
+∞
et n→+∞limvn=
−∞.
Et enfin : n→+∞limun+vn
=
n→+∞lim−n
=
−∞.
Nous voyons donc bien que la suite (un+vn) peut avoir n'importe quelle limite sous ses hypothèses. Il sera donc nécessaire de déterminer la limite dans cette situation après quelques calculs.
1 0
Limite d'un produit
n→+∞limun
ℓ
l≠0
∞
0
n→+∞limvn
ℓ′
∞
∞
∞
n→∞limun×vn
ℓ×ℓ′
∞
∞
f.i
Remark 13
Pour le cas où n→+∞limun=∞ et n→+∞limvn=∞, on ne précise pas dans ce tableau si ce sont des + ou − l'infinie. La limite du produit divergera vers ∞ en appliquant
la règle des signes.
On utilise cette règle dans l'exemple suivant :
0 0
Remark 14n→+∞lim(3−n2)(−4n3−n+1)=
+∞.
En effet, n→+∞lim3−n2=
−∞
et n→+∞lim−4n3−n+1=
−∞.
On obtient le résultat en appliquant la règle sur
les produits
de limites précédente.
0 0
Limite d'un quotient
n→+∞limun
ℓ
ℓ
∞
∞
n→+∞limvn
ℓ′≠0
∞
ℓ′
∞
n→+∞limvnun
ℓ′ℓ
0
∞
f.i
1 0
Exemple 8
On cherche à déterminer :n→+∞lim3+n5.
On a: n→+∞lim3+n=
+∞
et donc d'après la règle sur les
quotients
de limites on obtient : n→+∞lim3+n5=
0.
1 0
5.5Limites et comparaisonsProperty 2ROC
Soient (un) et (vn) deux suites telles que à partir d'un certain rang :
un≤vn.
Si n→+∞limun=
+∞
alors n→+∞limvn=
+∞.
Preuve
On considère un intervalle ouvert de la forme
]A;+∞[.
On cherche à démontrer qu'à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite (vn)
sont dans cet intervalle
.
C'est-à-dire,
que l'on veut montrer
qu'à partir d'un certain rang
vn>A.
Puisque (un) diverge vers
+∞,
on sait,
qu'à partir d'un certain rang,
un>A.
Or,
par hypothèse,
vn>un.
Ainsi,
à partir d'un certain rang,
vn>A.
1 1
Property 3 -- Encadrement des limites
Soient (un), (vn) et (wn) trois suites telles que à partir d'un certain rang :
un≤vn≤wn.
Si n→+∞limun
=
n→+∞limwn
=
ℓ
alors
n→+∞limvn=
ℓ.
0,0
w0
w1
w2
w3
w4
w5
w6
w7
u0
u1
u2
u3
u4
u5
u6
u7
v0
v1
v2
v3
v4
v5
v6
v7
Remark 15
Dans le graphique précédent nous pouvons observer deux suites encadrer une troisième. Et puisque les deux premières convergent vers ℓ, la suite comprise entre les deux se trouve coincée et doit, elle aussi, converger vers ℓ.
Cette propriété est également connue sous le nom imagé de "théorème des gendarmes", ou plus prosaïquement théorème d'encadrement des limites.
Exemple 9
Déterminons la limite de la suite (un), définie pour n∈N∗ par un=n(−1)n.
Pour tout entier n≥1 :
−1
≤
(−1)n
≤
1
⟺
n−1
≤
n(−1)n
≤
n1.
Or, on sait que n→+∞limn−1=
0,
et n→+∞limn1=
0.
Ainsi, d'après le théorème
d'encadrement des limites :
n→+∞limn(−1)n
=
0.
1 0
5.6Comportement des suites arithmétiques et géométriques
Property 4 -- Comportement des suites arithmétiques
Soit (un) une suite arithmétique de raison r :
∘ si
r>0
alors (un) est
strictement croissante
et n→+∞limun=
+∞.
∘ si
r<0
alors (un) est
strictement décroissante
et n→+∞limun=
−∞.
∘ si
r=0
alors (un) est
constante
et n→+∞limun=
u0.
Preuve
On sait que : un+1
=
un+r,
donc
un+1−un
=
r
est du signe de r.
Par ailleurs, un=
u0+n×r.
Ainsi, si r>0n→+∞limn×r=
+∞,
et, si r<0n→+∞limn×r=
−∞.
0 0
Property 5 -- Comportement des suites géométriques de raison q>1ROC
Soit (un) une suite géométrique de raison
q>1 :
∘ si
u0>0
alors (un) est
strictement croissante
et n→+∞limun=
+∞.
∘ si
u0<0
alors (un) est
strictement décroissante
et n→+∞limun=
−∞.
Pour démontrer cette propriété nous aurons besoin du résultat suivant appelé inégalité de Bernoulli :
Property 6 -- Lemme -- Inégalité de Bernoulli ROC
Soit a un nombre réel
strictement positif
. Alors pour tout entier n :
(1+a)n≥1+na.
0,0
a = 0.20
1
2
3
4
5
6
7
8
9
5
10
15
Preuve du lemme
Procédons par récurrence sur n.
Initialisation
Pour n=0 :
(1+a)n
=
(1+a)0
=
1
et
1+na
=
1+0×a
=
1.
La propriété est bien initialisée à n=0.
Hérédité
Supposons que pour
un
certain entier n,
(1+a)n≥1+na,
et montrons alors que :
(1+a)n+1≥1+(n+1)a.
On a :
(1+a)n+1
=
(1+a)×(1+a)n
≥
(1+a)(1+na)
≥
1+na+a+na2
≥
1+(n+1)a+na2
≥
1+(n+1)a.
Le passage de la première à la deuxième ligne se fait en utilisant
l'hypothèse de récurrence
. Le passage de l'avant-dernière à la dernière se justifie par le fait qu'un nombre à qui l'on retire une quantité positive (ici na2) devient
plus petit.
Conclusion
D'après le principe de récurrence,
nous avons démontré que :
∀a∈R+∗,∀n∈N,(1+a)n≥1+na.
Preuve de la propriété sur les suites géométriques de raison q>1
On note (un) une telle suite, et nous avons :
un+1
=
qun.
Ainsi, la raison étant en particulier positive, tous les termes de la suite seront
de même signe.
Et puisque
q>1,
un+1>un,
si u0>0,
ou encore
un+1<un,
si u0<0.
La suite (un) est bien
croissante si u0>0,
et
décroissante si u0<0.
Pour déterminer la limite de (un), il nous suffit de faire la remarque suivante :
puisque q>1,
il existe un réel a>0
tel que
q=1+a.
Or, pour tout entier n, un
=
u0×qn
. C'est-à-dire :
un
=
u0(1+a)n.
Si u0>0,
alors d'après le lemme :
un>u0(1+na),
et si u0<0, alors :
un<u0(1+na).
On a,
a>0,
donc n→+∞lim1+na=
+∞.
Ainsi, par comparaison de limites :
Si u0>0,
n→+∞limun=
+∞.
Si
u0<0
, n→+∞limun=
−∞.
1 0
Property 7 -- Comportement des suites géométriques de raison q∈]0;1[
Soit (un) une suite géométrique de raison
q∈]0;1[ :
∘
si
u0>0
alors
(un) est
strictement décroissante
et
n→+∞limun=
0.
∘
si u0<0
alors
(un) est
strictement croissante
et
n→+∞limun=
0.
Exemple 10
n→+∞lim3,1n=
+∞.
n→+∞lim−3×(0,8)n=
0.
n→+∞lim(−0,2)n=
0,
à l'aide du théorème d'encadrement
(−0,2n≤(−0,2)n≤0,2n)
.
La suite géométrique (un) de premier terme 1 et de raison −2,6 est telle que un=
(−2,6)n,
et
ne possède pas de limite.
0 0
Remark 16
On peut synthétiser les résultats précédents dans les tableaux ci-dessous :
q≤−1
−1<q<1
q=1
q>1
n→+∞limqn
0
1
+∞
q<0
0≤q<1
q>1
sens de variation de (qn)
non monotone
décroissante
croissante
q≤−1
−1<q<1
q=1
q>1 et u0>0
q>1 et u0<0
n→+∞limu0qn
0
u0
+∞
−∞
q<0
0≤q<1 et u0>0
0≤q<1 et u0<0
q>1 et u0>0
q>1 et u0<0
sens de variation de (u0qn)
non monotone
décroissante
croissante
croissante
décroissante
1 0
5.7Convergence et monotonie
Property 8 -- Suite croissante non majoréeROC
Tout suite croissante non majorée
diverge vers +∞.
Property 9 -- Suite décroissante non minorée
Tout suite décroissante non minorée
diverge vers −∞.
Preuve de la propriété 8
Soit (un) une suite croissante, non majorée
et
A>0.
Comme (un) n'est pas majorée,
il existe un entier n0
tel que :
un0>A.
Or la suite (un) est croissante,
donc :
pour tout n≥n0,
un≥un0≥A.
Ainsi,
quelque soit le nombre A,
l'intervalle [A;+∞[
contient,
à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite (un).
Ceci prouve que :
n→+∞limun
=
+∞.
Preuve de la propriété 9
Soit (un) une suite décroissante non minorée.
On pose, pour tout n,
vn=−un.
On conclut en remarquant que
(vn) vérifie la propriété 8.
0 1
Property 10 -- Convergence monotone
Tout suite croissante majorée
est
convergente.
Property 11
-- Convergence monotone
Tout suite décroissante minorée
est
convergente.
Preuve de la propriété 10
Soit (un) une suite croissante majorée.
Toute suite majorée,
possède une infinité de majorants,
nous admettrons ici,
qu'il en existe un plus petit.
On le note M.
On veut démontrer que (un) converge vers
M.
Soit ϵ>0,
on cherche à montrer que l'intervalle ouvert
]M−ϵ;M+ϵ[
contient,
à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite.
M est le plus petit majorant,
donc
M−ϵ
n'est pas un majorant.
Ainsi,
il existe n0 tel que
un0>M−ϵ,
et puisque la suite est croissante :
∀n≥n0,
M−ϵ<un.
Or, par définition de M,
un
<
M
<
M+ϵ.
Par conséquent :
∀n≥n0,
M−ϵ<un<M+ϵ.
1 2
Property 12 -- Suite croissante et convergente
Toute suite
croissante
(un) convergeant
vers un réel ℓ
vérifie :
pour tout entier n,un≤ℓ.
Preuve
Nous allons raisonner par
l'absurde,
en supposant le
contraire
de ce que nous voulons démontrer, et en arrivant ensuite à
une contradiction.
On veut montrer que pour tout n,
un≤ℓ.
Supposons alors qu'il existe un entier n0 tel que :
un0>ℓ.
Puisque (un) est croissante,
alors
pour tout n≥n0,
un≥un0
(*).
On pose
ϵ=un0−ℓ
et on remarque que
ϵ>0.
(un) converge vers ℓ,
donc à partir d'un certain rang,
tous les termes de la suite sont
dans l'intervalle
]ℓ−ϵ;ℓ+ϵ[.
En particulier, à partir d'un certain rang :
un
<
ℓ+ϵ
un
<
ℓ+un0−ℓ
un
<
un0.
Cette dernière inégalité étant en
contradiction avec (∗).
Ainsi, le fait d'avoir supposé qu'il existe un entier n0 tel que